Du 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, au jour de Noël, il y a 17 jours de préparation pour l’incarnation du Verbe Jésus.
Dix-sept jours par-devers Marie, laquelle s’apprête sobrement à accoucher de la Vie éternelle dans la matière. Son âme tressaille d’allégresse en son Dieu, car Il l’a revêtue des vêtements du salut. En la circonstance, la première créature du Père, immaculée, ne pouvait qu’être choisie pour l’unique demeure digne du Fils unique de Dieu. Avant que le Seigneur fît quelque chose, Il possédait déjà, dès le principe, cette pure Sagesse.
Sans nul doute, à l’approche du 25 décembre, a-t-on la satisfaction d’entendre cette phrase : Je vous salue, Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, proclamée par l’archange Gabriel. Dans la Bible, aucune autre créature n’a eu une salutation aussi respectueuse de la part de la hiérarchie des anges. On y trouve la marque caractéristique de Marie assistant à l’origine de toutes les cohortes angéliques. À ce moment, ces dernières ne peuvent que l’honorer comme Reine du Ciel et de la terre.
Dans le livre des Proverbes, la Vierge explique le rôle majeur que lui a assigné le Père : Celui qui m’aura trouvée, trouvera la vie, et il puisera le salut dans le Seigneur. Ainsi, marchant au rendez-vous de Noël, imitons les bergers qui, laissant tout, allèrent immédiatement à Marie, dans sa crèche pour y découvrir le Chemin, la Vérité, et la Vie. Car nul ne venant au Père que par Jésus-Christ.
La Vierge est la douceur infinie des hommes. Elle parle peu, elle se montre peu. Elle est cette colombe qui se cache dans les parois escarpées, ne se contemplant qu’à ceux qui marchent baissés. Humble par essence, elle ne se dévoile qu’aux petits et aux pauvres en esprit. Peu instruite du savoir des hommes, elle est débordante de celui céleste du Père.
Heureux celui qui m’écoute, qui est vigilant tous les jours à l’entrée de ma maison, et qui se tient tout prêt à ma porte ! dit également la Vierge. Sache, Chrétien, que cette maison est le royaume surnaturel de Dieu. C’est Marie qui nous accueille à la porte ouverte du palais de Dieu. « Mais nous ne voyons qu’une simple crèche, occupée que de petites gens ? » C’est ici le tour de force de l’Absolu. Ce dernier est invisible aux esprits pleins d’eux-mêmes. Voilà pourquoi des bergers cristallins n’ont pas vu une crèche isolée, éclairée par un brasier dans lequel pétille la broutille, mais l’Entrée inouïe du royaume de Dieu qui ne peut se voir réellement que lorsqu’on la regarde avec le feu surhumain de la foi tel un Saint-François d’Assise.
Par ailleurs, l'Evangile nous fait pénétrer dans la vie familiale. Il la décrit comme une sécurité, comme une bonté, comme une paix, qui en font vraiment le paradis de la maison du Père. Pesons bien ces mots. Quand nous plaçons l’Immaculée Conception dans notre crèche, c’est la première personne la plus importante, après celle de notre Jésus, que nous disposons dans notre foyer afin de rendre grâce au Seigneur de nous avoir concédé une si belle créature au genre humain. Jésus nous a tout donné jusqu’à sa mère au pied de la Croix : Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voilà ta mère. » Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui, Jean 19,26.27.
Quel monde serait si
la fille de Joachim et d’Anne ne fut ? Un univers constamment insensible, des
êtres inlassablement cruels, des actes obstinément inhumains. La Vierge Marie
est le point de perspective qui illumine la crèche en attendant le Fils unique
de Dieu. Car sa vie durant, elle fit passer la vérité divine dans la réalité de
sa vie. Or, seule l’Église connait le mystère de la Femme, éclairé par l’existence
de Son chef. Fille, femme, épouse, mère se parachèvent chez l’homme par
l’imitation du Christ. Plus nous suivons les regards surnaturels de notre
Seigneur qui ont enlacé la femme, plus se manifeste la primauté de notre refuge
féminin chrétien. Non, la Crèche ne peut pas faire figure d’étrangère en terre
de France ! L’Évangile nous fournit l’unique règle dans l’art de donner
forme à l’amour pour nos femmes : AVE MARIA…

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